Une parole pour les ouvriers du Seigneur

ME 1894 page 116

 

J'ai eu le privilège, il y a quelques années, d'assister à une entrevue qu'un évangéliste eut avec un vénéré serviteur du Seigneur Jésus Christ. En vue de tous nos compagnons d'oeuvre dans le vaste champ de la moisson qui liraient ces lignes, je rapporterai les dernières paroles échangées dans cette heure pleine d'intérêt.

Avant de prendre congé du vieux serviteur de Dieu, et après lui avoir exprimé son plaisir d'avoir fait sa connaissance, l'évangéliste lui adressa une requête à peu près en ces termes: «Nous venons de nous rencontrer pour la première et peut-être pour la dernière fois. Vous avez travaillé depuis de longues années dans la vigne du Seigneur, et vous approchez du terme de votre pèlerinage et de votre service. Vous avez une beaucoup plus grande expérience que moi, qui viens seulement de débuter dans l'oeuvre. Oserai-je vous demander une devise qui pourrait m'aider dans mon labeur, si le Seigneur trouve bon de prolonger mon service ici-bas?»

Une devise! Plusieurs de ceux qui lisent ces paroles seraient peut-être disposés à reprocher à l'évangéliste de montrer peu de spiritualité, en demandant à un homme une devise, lorsqu'il avait la parole de Dieu. Mais je n'oublierai jamais la réponse qui sortit des lèvres du vieillard, réponse pleine de grâce et allant au coeur; je me souviendrai toujours de l'onction et de la puissance avec lesquelles il prononça ces paroles: «En premier lieu, cherchez à produire dans la conscience de tous vos auditeurs un profond sentiment du péché et de haine contre lui; et, ensuite, lorsqu'ils ont cru l'évangile, cherchez à produire dans les coeurs de tous ceux qui ont cru un vrai et sincère amour pour la Personne de leur Sauveur».

Puissent tous ceux à qui Dieu a donné de s'occuper, en quelque mesure, de présenter l'Evangile, peser soigneusement ces sérieuses paroles.

Un sérieux et profond travail de conscience est grandement nécessaire dans nos jours de légèreté et d'indifférence. N'affaiblissons jamais la gravité du péché en nous efforçant de rendre l'Evangile simple; ne manquons jamais d'insister sur la nécessité d'une réelle et sérieuse repentance envers Dieu. Et ensuite, cultivons toujours, tant en nous-mêmes que dans chaque nouveau converti, une affection sincère pour la Personne de Christ, affection qui se manifestera par une obéissance prompte et sans réserve. «Si vous m'aimez, gardez mes commandements», a dit le Sauveur. Faire sa volonté, coûte que coûte, est la preuve de notre affection pour lui, de même que l'amour pour sa Personne est le motif puissant et la source de toute obéissance. «Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis?» Le Seigneur refuse la fidélité apparente d'un coeur désobéissant.