La lumière et le sang

 ME 1872 page 356

 

Que Dieu soit lumière, est une vérité peut-être plus universellement reconnue en un sens, que toutes les autres vérités de Dieu. Nous ne voulons pas dire par là que cette vérité soit connue ou confessée d'une manière intelligente comme la vérité de Dieu, mais que la conscience de tout homme en a l'idée, et que la conduite de tout homme démontré qu'il en est intérieurement convaincu. «Dieu est lumière, et il n'y a en lui nulle ténèbres» (1 Jean 1: 5). C'est pour cette raison que les méchants haïssent Dieu et que la conscience naturelle cherche à se le concilier. Un homme naturel ne peut penser à Dieu sans penser en même temps à ses propres péchés. Les hommes peuvent bien parler de Dieu et reconnaître, en quelque mesure, sa bonté, sa puissance et sa miséricorde, mais cette pensée interviendra toujours nécessairement dans leur âme, si même elle ne domine pas toute les autres, que, si Dieu est tout cela, il y a toutefois du péché en eux et qu'ils sont des pécheurs. L'intensité de ce sentiment de péché, varie beaucoup depuis la simple et insouciante reconnaissance du fait, jusqu'à la profonde conviction, que l'Esprit de Dieu produit dans l'âme; mais, nous le répétons, nul homme dans sa condition naturelle, nul homme en dehors de Christ, connu par la foi, ne peut un moment penser à Dieu d'une manière calme et tranquille, sans que la pensée du péché ou des péchés ne s'élève dans son âme.

«Dieu est lumière»: ce fait si grand et si solennel qui tourmente le coeur et la conscience du pécheur, est le fondement de la plus profonde bénédiction pour le coeur et l'âme du croyant.

Mais la lumière manifeste, «car ce qui manifeste tout c'est la lumière» (Ephésiens 5: 13). Comme dans les choses naturelles, ainsi aussi dans les choses spirituelles, on ne distingue rien clairement dans les ténèbres. Dans une chambre obscure il n'apparaît pas de différence entre une table et une chaise, entre un nègre et un homme blanc. La différence existe, mais elle n'apparaît pas, on ne la voit pas. Ainsi dans les ténèbres spirituelles de la nature, l'homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu, et il ne peut les connaître, car elles se discernent spirituellement (1 Corinthiens 2: 14). Le bien et le mal, les choses de Dieu et les choses du monde, sont toutes mêlées et confondues. Le mal est là, mais, en dehors de la grâce de Dieu, il n'est pas jugé. Introduisez la lumière du soleil dans la chambre obscure et tout y apparaîtra clairement. Introduisez la lumière de la vérité de Dieu dans l'âme, et tout y sera mis spirituellement à découvert, car Dieu est lumière.

C'est un terrible moment quand pour la première fois, la lumière de Dieu vient briller dans le coeur d'un pécheur et qu'elle lui montre ce qu'il est, quand elle vient briller sur les voies d'un pécheur et qu'elle lui montre ce qu'elles sont vraiment aux yeux de Dieu. «En Lui il n'y a aucune ténèbres». Dans sa lumière tout est lumière, et les ténèbres sont jugées; l'homme lui-même apparaît tel qu'il est, et le fond de son coeur est mis à découvert, non pas pour qu'il se voie comme il a été habitué à se regarder lui-même complaisamment, ou comme ses compagnons peuvent l'avoir envisagé, ignorant peut-être ce qui se passait dans son mauvais coeur, comme ils ignoraient ce qui se passait dans leur propre coeur.

Et qui pourrait se tenir dans cette lumière, sous sa puissance pénétrante et scrutatrice, si ce n'est à l'abri du sang que la grâce a préparé? Le sang de Christ est ce que Dieu a préparé pour la conscience du pécheur, quand il est amené dans la lumière de Dieu, comme ce sang est aussi sa paix et sa sûreté. Oui, le sang de l'Agneau que Dieu s'est choisi, apporte, par la foi, le pardon à l'âme du pécheur, et la paix à sa conscience, car Dieu est juste et justifiant celui qui croit (Romains 3: 23-26).

La lumière manifeste le péché, les ténèbres du pécheur; le sang ôte le péché et place le pécheur en paix, sans tache, dans la lumière. La lumière de Dieu lui-même ne peut rien manifester dans un pécheur que le précieux sang de Christ ne puisse pas ôter, car «Le sang de Jésus Christ» le Fils de Dieu purifie de tout péché (1 Jean 1: 7). «La vie est dans le sang» et «c'est le sang qui fait propitiation pour l'âme» (Lévitique 17).

Quelle harmonie merveilleuse dans tout ce que la grâce divine a préparé! «Dieu est lumière», et il a voulu que les hommes eussent une place «dans la lumière» en communion avec Lui.

Ce n'est pas Dieu qui se cacha devant Adam, mais Adam voulut se cacher devant Dieu; ainsi encore maintenant ce n'est pas Dieu qui se cache aux pécheurs, mais c'est le pauvre pécheur coupable qui, craignant la lumière et ne connaissant pas la puissance du sang, fuit la présence de Dieu.

Mon cher lecteur, si la lumière de Dieu, peut-être, n'avait pas encore relui dans votre coeur, pour l'éclairer de la connaissance de la gloire de Dieu en la face de Christ (2 Corinthiens 4: 6), nous vous supplions pour Christ, soyez réconciliés avec Dieu; car Dieu a fait Christ être péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en Lui (2 Corinthiens 5: 20, 21). Qui que vous soyez, ne soyez pas effrayés, et ne vous retirez pas de devant la lumière laissez ses rayons se répandre dans votre coeur et dans votre conscience, car cette parole de lumière qui vous parle de la sainteté de Dieu et de votre propre péché, vous parle aussi du sang de l'Agneau sans défaut et sans tache, du sang du Seigneur Jésus Christ, le Fils de Dieu et le Fils de l'homme. Ce sang a été versé pour vous et pour moi, pour nous sauver du péché et du monde maintenant, et de la colère qui vient, et pour nous rendre propre, pour ce lieu de gloire, où le même Seigneur Jésus Christ demeure maintenant après qu'il a annulé la mort «et fait luire la vie et l'incorruptibilité par l'évangile»; d'où aussi il va bientôt revenir pour prendre les siens auprès de Lui afin que là où il est ils soient aussi avec Lui. «Car comme le Christ a été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, Il apparaîtra une seconde fois sans péché, à salut à ceux qui l'attendent» (Hébreux 9: 28).