Les communications de Dieu en grâce et l'intercession du fidèle

Genèse 18 – ME 1870 page 473

 

L'Eternel communiqua à Abraham ce qu'il allait faire à l'égard de Sodome. La position dans laquelle l'Eglise est placée est analogue à celle dans laquelle nous voyons ici Abraham auprès de Dieu. Dieu communique aux siens la connaissance de ce qu'il va faire, et met ainsi en évidence le fondement de l'intimité avec Lui dans laquelle il les introduit. Notre communion avec Dieu est d'une nature plus élevée que celle dont a pu jouir Abraham, parce que Abraham était sur la terre, le lieu du jugement, et que nous au contraire, par la merveilleuse grâce de Dieu, nous sommes absolument en dehors du lieu du jugement, jouissant de la bénédiction elle-même, Dieu «nous ayant fait connaître le mystère de sa volonté…» (Ephésiens 1).

«Les hommes se levèrent de là, et regardèrent vers Sodome». L'Eternel les conduisait comme les exécuteurs de son jugement, et Abraham marchait avec eux pour leur montrer le chemin. L'Eternel fait des saints ses compagnons, non pas invariablement, — toutefois cette place leur appartient. «Qui a connu la pensée du Seigneur…? Mais pour nous, nous avons la pensée de Christ» (1 Corinthiens 2: 16). Ainsi dans les communications que nous avons reçues de Dieu, Dieu nous a fait ses compagnons de la manière la plus excellente, car il ne peut pas y avoir de meilleure manière pour montrer de l'amour à quelqu'un, que de lui communiquer nos pensées et nos sentiments. «Enoch marcha avec Dieu, et il ne parut plus, parce que Dieu le prit» (Genèse 5: 24). Ainsi nous avons à marcher avec Christ jusqu'à ce qu'il vienne pour nous prendre auprès de Lui là où il est. Les exercices et le sentier de la foi sont ici-bas; mais l'Eglise, remarquez-le bien, est au-dessus du jugement, non pas au-dessus de la discipline. Lot regarda vers Sodome (Genèse 13: 10-13); et il y descendit: Abraham était en dehors de Sodome. Etant le compagnon du Seigneur, il n'est pas seulement délivré du jugement, mais quand le Seigneur va juger, il devient le confident de ses desseins: «Cacherai-je à Abraham ce que je m'en vais faire?» «Car je le connais; etc.». Il en est de même pour nous. Le fondement de cette communication de Dieu, c'est sa pensée envers nous: il a concentré son amour sur nous, c'est pourquoi il nous fait jouir de sa confiance. Il a placé Abraham dans la position de la bénédiction de l'alliance, et ainsi il a uni l'Eglise à Christ, il l'a associée à Christ. Il dit: Si j'ai amené Abraham à cette position, je veux l'introduire aussi dans la connaissance de ce qu'elle est: «Tu as même parlé de la maison de ton serviteur pour un long temps» (voyez 2 Samuel 7: 19); et ainsi Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, à cause de la position dans laquelle il a placé l'Eglise.

«Je le connais»; — il y a une grande bénédiction dans cette parole. C'est autre chose que le jugement. Le Seigneur ne parle pas ainsi de ceux qu'il va juger: quand il parle de juger, il parle de s'enquérir: «Je descendrai… et je verrai…» (verset 21), et jusqu'à ce qu'il ait tout examiné, il n'étend pas sa main. Il dit d'Abraham: «Je le connais»; mais le cri de Sodome est monté vers Lui, et avant d'exécuter le jugement, il dit: «Je descendrai, et je verrai s'ils ont fait entièrement selon le cri qui est venu jusqu'à moi…».

«Les hommes donc… allèrent vers Sodome; mais Abraham se tint encore devant l'Eternel» (verset 22). Bienheureuse position! Si le Seigneur connaît Abraham en sorte que celui-ci est capable de recevoir la bénédiction, Abraham se tient devant l'Eternel lui-même. Le Seigneur va faire tomber le jugement sur le monde, mais il ne frappe pas avant que le mal soit arrivé à son comble, et qu'il faille qu'il juge; mais aucun jugement qui doit tomber sur le monde ne peut séparer Abraham de Dieu. L'oeil de Dieu repose sur son serviteur, de telle sorte que Abraham se repose paisiblement en Dieu. Il en est ainsi pour nous: quelle que soit la tribulation qui vienne sur le monde, notre place, c'est de demeurer avec le Seigneur lui-même; et ensuite, comme pour Abraham, ayant été abreuvé en cette grâce, nous serons calmes, en paix et heureux. Nous ne sommes pas appelés à descendre pour sonder les profondeurs de l'iniquité, mais à laisser monter le cri jusqu'à nous. Il y aura beaucoup de Lot; mais notre place est avec Dieu sur la montagne, pour demeurer en parfaite paix avec le Seigneur lui-même.

Abraham parfaitement en paix, n'avait rien à demander pour lui-même, et il était ainsi libre d'intercéder pour d'autres. Il en fut de même lorsque comme étranger il habita à Guerrar: Si Abraham est prophète, dit Dieu en songe à Abimélec, il est familier avec la pensée du Seigneur; il priera pour toi. Ainsi pour nous: «Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez, et il vous sera fait» (Jean 15: 7). La possession de la pensée du Seigneur donne le pouvoir d'intercéder pour d'autres. Abraham n'était pas comme Jacob, avec lequel le Seigneur dut lutter à cause de son manque de droiture, et auquel par conséquent il ne put pas révéler son nom qui était secret, quoiqu'il le bénît là (Genèse 32: 24 et suivants). Jacob avait à trouver la bénédiction pour lui-même, et il n'avait par conséquent pas le pouvoir de l'obtenir pour d'autres; mais Abraham avait la connaissance de cette communion qui doit produire une paix et une joie parfaites. Il y a, je n'ai pas besoin de le dire, de la révérence dans ces rapports avec Dieu: «Je ne suis que poudre et que cendres…» dit Abraham (verset 27); mais, en même temps, il y a une parfaite intimité.

«Et l'Eternel s'en alla quand il eut achevé de parler avec Abraham; et Abraham s'en retourna en son lieu» (verset 33). La place d'Abraham est auprès du Seigneur; il est avec Lui en pleine paix, dans une confiance qui ne raisonne pas, n'ayant aucune question à régler avec Dieu, mais sur ce terrain où il peut jouir d'une parfaite communion.